LES APPELLATIONS ERRONÉES :
ORIGINES ET CONSÉQUENCES
Elles peuvent avoir pour origine:
- des confusions au moment de l'abattage entre espèces dont l'écorce, le port et les feuilles ont un aspect voisin. C'est parfois le cas pour certaines SAPOTACÉES ou DIPTÉROCARPACÉES.
- des confusions entre essences peu courantes, mal connues des prospecteurs et classeurs ou présentant d'importantes similitudes d'aspect (fréquent chez les bois anciens).
- des "erreurs"& volontaires ou des négligences au stade de la formation des lots, des manutentions, des diverses transactions...
- le manque de rigueur ou le non-respect des nomenclatures officielles par les professionnels du négoce...
- des décisions commerciales destinées à masquer l'origine ou à faciliter les transactions de succédanés d'essences connues...
Ces erreurs ou tromperies se répercutent souvent jusqu'à la commercialisation du produit ouvré (meubles, menuiseries...) et lèsent ainsi, en bout de chaîne, le consommateur mal informé et encore insuffisamment protégé.
- Voir en Annexe 2 le tableau donnant quelques succédanés ou appellations erronées en relation avec la nomenclature officielle.
LA RÉGLEMENTATION FRANÇAISE ACTUELLE
Le décret du 14 mars 1986, portant application au commerce d'ameublement de la loi du 1er août 1905 sur les fraudes et les falsifications en matière de produits ou de services, stipule que "dans le commerce des objets d'ameublement, il est interdit de désigner une essence de bois par le nom d'une essence d'une autre famille botanique que celle à laquelle elle appartient".
II est également interdit de représenter ou d'évoquer, sous quelque forme que ce soit, une essence qui n'aurait pas été utilisée dans la fabrication de ces objets, sauf si la nature exacte de l'essence est précisée ou si le mot imitation précède immédiatement le nom de l'essence.
- En Annexe 2 vous trouverez quelques exemples de désignations prescrites conformément au respect du décret du 14 mars 1986.
IDENTIFICATION DES BOIS PAR LES TECHNIQUES
D'ANALYSE ANATOMIQUE DU PLAN LIGNEUX
Elle peut être rapide et simplifiée pour un initié à condition de réunir les conditions suivantes:
- disposer d'un prélèvement suffisant en volume (de l'ordre d'un cm3) pour permettre la création d'un cube orienté selon les plans d'observation à privilégier: transversal, longitudinal radial ou parallèle aux rayons, longitudinal tangentiel;
- posséder un matériel optique permettant une échelle de grossissement de x 10 à x 1000 pour étude macroscopique et microscopique des plans ligneux.
- maîtriser la taxonomie des essences, se référer aux échantillons d'une xylothèque dûment identifiés en s'appuyant sur un herbier, pour les comparer anatomiquement au prélèvement étudié.
EN CONCLUSION
- Retrouver le nom botanique ou commercial d'un bois à partir d'un nom usuel, récent ou ancien, sans information crédible sur le pays d'origine n'est pas envisageable, tant les confusions sont nombreuses.
- Afin d'assainir les marchés, la réglementation française fait obligation de se référer à la nomenclature NF et interdit certaines appellations fantaisistes, erronées ou trompeuses dans le commerce de l'ameublement.
- Sans sous-estimer la reconnaissance succincte des bois par mémorisation de surface (de type photographique), usitée par beaucoup de professionnels, les techniques d'analyse anatomique du plan ligneux permettent, sans ambiguïté, de déterminer sinon l'espèce du moins le genre et la famille botanique. L'utilisation de nomenclatures types donnent alors les noms commerciaux actuels ou les noms usuels et anciens.